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Historique

 

La création du Comité Armagnac Bigorre


Depuis 1910, les affrontements titanesques entre le Stadoceste Tarbais et le Stade Toulousain pour le titre glorieux de Champion des Pyrénées, titre presque autant important que le titre Champion de France donnaient lieu à des rivalités et parfois quelques débordements.

Ces rencontres suivies par des assistances énormes de 5 à 10.000 spectateurs placés dans les tribunes, derrière les barrières, juchés sur les gradins ou sur le mur d’enceinte du stade, passionnaient les foules des contrées les plus reculées du Sud Ouest.

Dès 1910, après 15 années de domination toulousaine, le Stadoceste vainqueur par 11 à 5, est qualifié pour les ½ finales du Championnat de France. Les Toulousains qui avaient échoué de peu dans la conquête du bouclier de Brennus l’année précédente se voyaient privés de Championnat de France.

L’impolitesse du public tarbais manifestée à l’égard des stadistes ne fut pas du goût du Comité des Pyrénées : « le Comité des Pyrénées vient de décider que les matchs de Championnat entre le Stadoceste Tarbais et le Stade Toulousain n’auraient plus lieu ni à Toulouse, ni à Tarbes. Cette décision est la sanction de très regrettables incidents qui se sont produits dimanche sur le terrain de Sarrouilles à Tarbes ».
Cet incident fut l’origine historique de la création du Comité d’Armagnac et de Bigorre…. deux ans plus tard.

Le 10 décembre 1911, devant 8 000 spectateurs, sur le stade des Ponts Jumeaux à Toulouse le Stade Toulousain vient difficilement à bout du Stadoceste sur le score de 6 à 3.

La grande revanche, initialement prévue le 28 janvier 1912, fût reportée au 4 février 1912 en raison de l’enneigement du terrain de Sarrouilles.

En tête du classement avec 5 victoires le Stade a un léger avantage sur le Stadoceste classé second avec 4 victoires et 1 défaite. Dépossédé du titre de Champion des Pyrénées depuis deux saisons par le Stadoceste, un seul match nul lui suffit.

A l’issue d’une rencontre d’une rare intensité, Mister Allen du Racing Club de France siffle la fin du match sur le score de 3 à 3.
Le Stade a repris son titre de Champion des Pyrénées et pourra ainsi continuer sa route dans le Championnat de France, qu’il remportera quelques semaines plus tard.

L’incorrigible public tarbais n’eut pas la conduite attendue par les responsables pyrénéens.
La sanction ne se fit pas attendre : « le Comité des Pyrénées s’est réuni le 14 février 1912 et a examiné les rapports déposés par ses délégués au sujet des incidents qui se sont produits à Tarbes autour du match Toulouse/Tarbes.
Le Comité a pris entre autres décisions importantes, celle de la disqualification pendant trois ans du terrain de Sarrouilles.
MM. Jules Soulé et Alexandre Maumus sont suspendus pour 1 an. »

Ces sanctions suscitèrent une indignation d’une extraordinaire puissance au sein de la population tarbaise.
Membres honoraires et supporters du club, commerçants de la cité et municipalité entreprirent des démarches vigoureuses :
- boycott des commerçants toulousains,
- appel du Maire du Tarbes au Maire de Toulouse.

En pure perte !
Les pontifes pyrénéens inféodés au Stade Toulousain maintirent l’inique décision.

De retour en Bigorre les dirigeants tarbais décidèrent de créer un comité indépendant regroupant les clubs bigourdans et gersois.

La scission prononcée, l’adhésion à l’U.S.F.S.A. fut entérinée par cet organisme le 2 juin 1912.
Un bureau fut immédiatement mis en place.

Les clubs fondateurs
L’Assemblée constitutive du Comité Armagnac Bigorre, présidée par Monsieur Maxwell, Président du Comité de la Côte d’Argent se déroule le 3 juillet 1912 à Tarbes.

Sont présents :
- M. Bergerie (A.S. les Nouvelles Galeries de Tarbes)
- Docteur Méo (F.C. Lourdes)
- Docteur Estrade (F.C. Vélo Auscitain)
- M. Chêne (stade Fleurantin)
- M. Capdevielle (Stade Maubourguetois)
- M. Trélut (Stadoceste Madiranais)
- MM. Soulé et Péhaut (Stadoceste Tarbais)
- M. Lanusse (Racing club Vicquois)
- M. Camfranc (Stade Tarbais)
- M. De Laval (Sporting Club Vicquois)
- M. Mauniers (U.A.S. Castelnauvienne)
- M. Delom (Cadets de Gascogne)
- M. Labat (La Normalienne, E.N Auch)
- M. Mousset (Magnoac F.C.)
- M. Caubet (88e R.I Auch)
- Docteur Prues (9e Chasseurs à cheval d’Auch)
- M. Fite (12ème R.I de Tarbes)
- M. Duffour (S.A. Condom)
- M. Pouy (S.C. Aure)

Après lecture d’une lettre de M. Glin, voix délibérative est accordée aux délégués des sociétés affiliées depuis moins de 6 mois, ainsi qu’à ceux des Sociétés qui ne sont pas en règle mais qui ont promis de régulariser incessamment leur situation.
L’on passe immédiatement à la nomination du bureau.

Sont proclamés à l’unanimité :
Président : Maurice Trélut
Vice-présidents : MM. Docteur Lestrade, Delom, Paul Mousset
Secrétaire Général : Joseph Lanusse
Secrétaires Adjoints : MM. Pouy et Bergerie
Trésorier : M. De Laval

Monsieur Maxwell souhaite la bienvenue au nouveau comité et lui prédit une ère de prospérité particulièrement glorieuse. Monsieur Trélut remercie le distingué président de la Côte d’Argent dont le parrainage honore l’Armagnac et la Bigorre. Il s’adresse ensuite à l’assemblée toute entière et souhaite que la devise « Loyauté, Désintéressement, Impartialité » inspire tous les actes du nouveau comité.

Les nouvelles commissions sont immédiatement nommées en raison de l’urgence de commencer les travaux.

Monsieur Maxwell donne ensuite lecture d’une lettre de l’U.S.F.SA. annonçant que le Comité des Pyrénées lève la pénalité prononcée contre le terrain de Tarbes et est disposé à partager son actif avec le nouveau comité, proportionnellement au nombre des sociétés qui le quittent.

Le siège fut fixé provisoirement au café du Divan, cours Gambetta avant de s’installer au café du Centre place de Verdun, propriété de la famille Barraque.

La première décision du comité fut la levée des sanctions.

A l’issue de sa première année d’existence le Comité Armagnac et Bigorre enregistra en 1913 deux titres de champion de France avec les équipes II et IV du Stadoceste Tarbais.

L’année suivante en 1914, le Stadoceste jouait la grande finale.
La grande guerre eut pour conséquence la mise en sommeil de nombreux clubs privés de dirigeants et de joueurs mobilisés.

Maurice Trélut était du nombre. Futur Maire de Tarbes, il décèdera en déportation au Camp de Buchenwald en 1945.

Dans l’impossibilité d’en assumer la présidence, il proposa de nommer à sa place Monsieur Gassan, ce qui fut fait en juin 1916.

Professeur d’Anglais au lycée Théophile Gautier, Monsieur Gassan administra le Comité jusqu’en 1925, maintenant une activité des clubs malgré des effectifs des clubs mutilés par la grande guerre.

Monsieur Gassan laissa son fauteuil à Joseph Lanusse, vétérinaire à Andrest.
Actif et pugnace celui-ci fut l’artisan avec Allan Muhr de la création de l’actuelle Fédération Française de Rugby.
Vice président de la F.F.R, très influent, Joseph Lanusse devient Président du Comité Armagnac Bigorre en 1925.
Son mandat particulièrement long (41 ans), fut marqué par l’achat d’un immeuble au centre ville en 1958 et l’installation du siège rue Abbé Torné.
Atteint par la limite d’âge, Joseph Lanusse, le cœur gros, se retira le 27 octobre 1966.

Marcel Laurent, ancien international, l’un des chefs historiques de la révolution du congrès de Clermont Ferrand, fut élu à la présidence du Comité Armagnac Bigorre.
Marcel Laurent donna une vive impulsion au Comité en multipliant les actions novatrices.
Il prit sa retraite en 1984.

De 33 clubs en 1966, le Comité était passé à 62 clubs lorsque Marcel Laurent passa le témoin à Jacques Fouroux.

Par le rôle qu’il a joué pendant de nombreuses années à la tête de l’équipe de France et au Bureau de la F.F.R, Jacques Fouroux très proche du Président Ferrasse a marqué de son empreinte son passage au Comité, avec la venue, à maintes reprises, de l’Equipe de France.
Personnage particulièrement dynamique, il a continué le cycle du développement du Comité.

La grande querelle fédérale de 1991 provoqua un climat orageux au sein du Comité et amena l’arrivée d’Alain Doucet en juin 1995, après un intérim, de quelques mois, courageusement assuré par Jean Pierre Garuet.

Appelé, au côté du Président Bernard Lapasset en décembre 2000, pour occuper la fonction de secrétaire général qu’il poursuit à ce jour, il abandonna la présidence du Comité Armagnac Bigorre en février 2001.

Ce comité qui se prévaut d’un palmarès sportif prestigieux et se maintient au sommet de la hiérarchie, non pas par ordre alphabétique mais bien par le talent de ses joueurs, la qualité de ses dirigeants et le dévouement de bénévoles, inconditionnels de la cause qu’ils servent.

dddddddddddddddddddddddddddddddddddddddddddddddddddddddddddddddddddddddddddddAntoine Marin

Président du Comité Armagnac Bigorre

Grand Café du Centre, Siège du Comité Armagnac Bigorre – F.F.R.
BARRAQUE Propriétaire, Place de Verdun TARBES